mardi 9 septembre 2014

25 jours en Indonésie

Je ne peux pas vraiment vous expliquer ce qui nous a fait, ce 28 juillet 2014, prendre la direction de l’Indonésie. Six mois plus tôt, alors qu’on regardait une carte du monde, Gaëlle m’a pointé l’archipel, à l’image de cette publicité pour le Loto, en me disant : « on y va ? ». J’ai dit oui, sans avoir la moindre idée de ce qu’on allait y trouver. Nous avons pris nos billets d’avion et, à quatre heures du mat’ en ce 28 juillet, sommes partis un sac et un duvet sur le dos. Si vous planifiez de partir prochainement en Indonésie, ou si vous voulez simplement voyager un peu à travers nos photos et anecdotes, ce récit est pour vous !

 

Jour 1 : Jakarta (Java) - Jimbaran (Bali) - Kuta (Bali)


Nous sommes arrivés à Jakarta sur le coup des 11 heures du mat’. Bien que ce soit la capitale, on a décidé de zapper cette grande métropole, et n'avons pas eu de regrets en voyant le tableau dressé sur place : la ville est à peine visible depuis les nuages, tant la pollution la recouvre. Un immense rideau de fumée gris l'englobe. À l’aéroport, nous avons donc directement pris un vol intérieur pour Denpasar, qui se trouve à Bali, une des 13 000 îles de l’archipel, sûrement la plus connue. Dans les dédales du terminal, nous avons demandé des indications pour trouver notre zone d'embarquement. C'était notre premier contact avec un Indonésien qui, comme bon nombre de ses compatriotes, ne maîtrise pas vraiment l’anglais. Mais il a réussi à nous dire que c’est « simple, il faut aller tout droit, puis à gauche ». C’est ce qu’on a fait, avant de se rendre compte qu’il fallait en fait grimper un étage, puis prendre un bus pour changer de terminal ! Merci pour l’info, hein. On avait entendu dire que les Indonésiens répondent à toutes les questions, même s’ils ne connaissent pas la réponse, simplement par gentillesse. Cela ne semble pas être une légende.

Le vol pour Denpasar était notre seule réservation effectuée à l’avance. À partir de ce moment-là, nous étions libres de nos mouvements pour les quatre prochaines semaines ! Nous avons pris un taxi pour Jimbaran afin d’aller fouler le sable, notre seule envie après vingt-quatre heures de voyage. Un mec nous a demandé 100 000 rupiah (6,4€) pour y aller. On a dit oui, sans négocier. On a décidé de ne pas se prendre la tête avec les négociations, bien que ce soit inhérent à toute transaction en Indonésie. C’est déjà tellement peu cher qu’on se voyait mal se battre durant des dizaines de minutes pour gratter vingt centimes… Même si vous allez voir que plus le voyage a avancé, et plus nous nous sommes pris au jeu ! Après quarante minutes de caisse, nous sommes arrivés sur la plage. Wow ! Plusieurs kilomètres de sable doré bordés par des villages de pêcheurs se sont ouverts à nos yeux. À notre grand étonnement - et notre plus grande joie - les plages sont désertes, bien que Bali soit réputée comme l’île la plus touristique. Sous les 33 degrés et devant le bleu de l’eau, on avait qu’une envie : s’y jeter. Mais avec nos pulls et nos sacs sur le dos, il nous fallait d'abord trouver un endroit pour dormir.

Ce qu’on pensait être une formalité s’est révélée être un calvaire. Toutes les maisons d’hôte et hôtels que nous avons visité étaient complets ! Après une heure de marche et une dizaine de refus, nous avons changé nos plans et pris la direction de Kuta, station balnéaire où on s’est dit qu’il serait plus simple de trouver un logement. Le premier taxi que nous avons croisé nous a demandé 250 000 rupiah (15€). On l’a envoyé balader, et le second a accepté de mettre son compteur en route pour la course. On s’en est sorti pour 50 000 rupiah (3,2€) pour trente minutes de course. Si on a un conseil à vous donner, c’est de ne pas mettre les pieds à Kuta. La ville n’a rien de paradisiaque. La plage est bondée par les jeunes touristes australiens. On se demande ce qu’ils viennent foutre ici alors que leurs plages sont déjà superbes. Ils profitent peut-être des bières à trente centimes vendues sur la plage. Ou bien de ces vieilles qui proposent des foot massages directement sur le sable.

Si tous les hôtels sont blindés, c’est parce que le ramadan touche à sa fin et que les Indonésiens font la fête un peu partout à travers le pays. On a néanmoins trouvé une chambre pour 400 000 rupiah la nuit (25€). C’était propre, notre hôte Pihi était cool et, bien que la chasse d’eau ait apparemment été un geyser dans une autre vie, c'était une sensation indescriptible de pouvoir s'allonger après ces interminables vols.

Jour 2 : Uluwatu (Bali) - Balangan (Bali)


Nous louons un scooter à Pihi pour 50 000 rupiah (3,2€) la journée. Objectif : visiter le temple d’Uluwatu et nous poser à la plage.

« Vous connaissez la route ? » demande Pihi.
« On a regardé la carte. »

Il se marre, un rire qui veut dire vous-allez-en-chier, et sort un bout de papier de sa poche sur lequel il nous fait un plan. Droite, gauche, droite, puis tout droit. Dix minutes max. Très simple.

Une heure plus tard, nous trouvons enfin cette fameuse droite avant laquelle il faut aller tout droit. Conduire en Indonésie, c’est du sport ! Particulièrement dans le sud de Bali. La circulation s’effectue à gauche. Mais ça, c’est dans le code. Si tant est qu’il en existe un… Les voitures déboulent de partout, les scooters grimpent sur les trottoirs pour doubler, et tout le monde klaxonne dans tous les sens sans véritable raison ! Ah, aussi, petit point important, il n’y a aucun panneau de signalisation. Donc bonne chance pour trouver votre route.



Nous arrivons finalement à Uluwatu où l’entrée du temple est fixée à 20k rupiah (1,3€). Je vous déconseille de venir les genoux découverts, sinon, vous allez vous retrouver avec le même accoutrement que moi. Ouais, ouais, moquez-vous. Le véritable attrait de l’endroit n’est finalement pas vraiment le temple, qui est minuscule et auquel on ne peut pas accéder, mais l’exceptionnelle vue depuis les falaises. À la sortie de ce lieu sacré, il nous faut faire le plein d’essence. Sur le bord des routes, nous avons vu des stands avec des affiches « Petrol ». On s’y arrête et deux jeunes filles de 9 et 11 ans nous y accueillent. Elles nous montrent alors des bouteilles de vodka dans lesquelles se trouvent de l’essence. « C’est combien ? » Elles se regardent puis nous répondent timidement : « 8 000 ! » (0,5€). On leur prend une bouteille et on fait le plein. On apprendra plus tard que les bouteilles se vendent partout à 7 000. Ces deux petites étaient trop mignonnes et semblaient avoir mis toute leur audace à l’ouvrage pour gratter ces 1000 rupiah de plus… Elles les méritaient bien ! Nous avons ensuite passé l’après-midi à chill sur la plage de Balangan, où il n’est pas idéal de se baigner à cause du courant.

Le retour à l’hôtel a de nouveau été folklorique. Je me suis pris au jeu en me mettant à mon tour à klaxonner partout et à doubler par le trottoir même si mes ardeurs ont été calmées lorsque des policiers nous ont arrêté. Dans un pays où la corruption est monnaie courante (vous l’avez ?), c’est pas vraiment rassurant. Pihi nous a d’ailleurs prévenu le matin : « s’ils vous arrêtent, ne montrez pas que vous avez de l’argent ! Sortez un porte-monnaie avec 50 000 dedans et cachez les gros billets. » C’est ce qu’on a prévu mais, à mon grand étonnement, le flic s’est contenté de regarder mon permis international et de dire « bonne journée ! ». C’est qu’à côté, ils avaient chopé un mec qui n’avait pas de permis international et qui a dû douiller. Encore merci, mec. Le soir, on s’est enfilé trois cocktails, un avocat-crevette, un crabe termidor, du homard, du thon, des calamars, deux brownies et on en a eu pour 15 euros par personne. On a réglé avec le sourire, et on s’est dit qu’elles allaient être vachement bien, ces vacances.

Jour 3 - Labuan Bajo (Florès)


On quitte Bali quelque temps afin de nous rendre à Florès, d’où on prendra un bateau pour rejoindre Lombok en passant par Komodo. Si tu n’as pas la géographie de l’Indonésie en tête, pas de soucis, cher lecteur, je vais tout expliquer par la suite. Le taxi qui nous mène à l’aéroport (pour 80k rupiah depuis Kuta) nous a réservé l’intégrale de la playlist de Pitbull. « Good song hein ? » Ouais, fallait pas te sentir obligé, vraiment. L’aéroport de Denpasar nous donne droit à quelques scènes mythiques. Alors que nous arrivons à la sécurité, une famille décide de passer comme un seul homme sous le portique. Une queue-leu-leu hilare se croyant au bal musette du coin s’organise alors. Et ils passent avec tout : sac à main, montres, ceintures… La machine s’affole alors et se met à sonner dans tous les sens mais pas de problème, « allez-y », dit le douanier ! En faisant un peu plus attention, on s’aperçoit en fait qu’il n’y a pas une seule personne qui passe sans faire sonner la machine. Enfin si, il y en a deux, Gaëlle et moi, et les douaniers nous ont alors regardé avec un air suspect !

Le vol nous permet de survoler quelques jolis atolls. Bien que les compagnies ne soient pas sur la liste des vols « sûrs », celles que nous avons pris (Citilinks, Wings air) ont à chaque fois assuré, n’ayant jamais plus d’une heure de retard et ne nous faisant pas la moindre frayeur durant les vols. Et de toute façon, si on flippait, on avait juste à sortir un manuel de prière pour se rassurer. Oui, oui, on avait ça dans l’avion. Je vous cite quand même un passage : « SHANG DI, The Supreme God. Please be your guidance for the airline crews. So they can perform their job accordingly. » Pression de malade sur SHANG DI. Mais il a bien fait son taff le Mec, ou la Mecque, je ne sais plus, on est arrivé entier à l’aéroport. Enfin, si on peut appeler ça comme ça. C’est une petite maison posée au milieu de nulle part avec une unique piste. Dépaysant !

Alors qu’on récupère nos bagages, on fait la connaissance de Manon, qui est arrivée depuis deux semaines en Indonésie. On partage un taxi avec elle jusqu’à la ville pour 60k rupiah. On n’a pas exactement pigé ce qu’elle venait faire ici. Il y a notamment eu ce passage obscur où elle nous a dit qu’elle voulait jouer de la flûte avec différentes ethnies de la région. Quand je l’ai vu, je me suis dit que c’était la petite de la pub Quézac qui avait mal tourné. Je reste un mois plus tard assez persuadé de ma théorie. Arrivée sur place, Manon nous propose de partager avec elle la chambre qu’elle vient de trouver. Mais comme on n’avait pas nos flûtes sur nous, on a préféré décliné l’invitation. On s’est posé au Garden Hotel. Le genre d’endroit qui ne paye pas de mine, qui n’est pas vraiment donné non plus (220k rupiah la nuit), mais qui, d’un autre côté, est particulièrement dégueulasse.

Au sens propre hein. Enfin, non, pas propre, mais vous avez saisi le point. Un arrosoir fait office de douche et un seau d’eau remplace la chasse. Bon, à la limite, on peut s’y faire, mais le problème est intervenu quand nous nous sommes installés dans le lit, que nous avions recouvert de nos duvets pour éviter tout contact avec les draps. Après cinq minutes, Gaëlle est étonnée d’autant transpirer. Elle se passe la main sur la jambe et est carrément trempée ! Elle met alors ses doigts au contact de ses narines, et son test olfactif est sans appel : elle dort dans un bain de pisse ! Je ris, mais je ris. Heureusement, il y a un autre petit lit dans la chambre où elle peut s’installer. Quant à moi, je recouvre la zone sinistrée par un ventilateur et me colle au mur, qui puait la mort lui aussi. Pas besoin de vous préciser qu’on a passé une excellente nuit.



Avant de nous assoupir, nous avions pu découvrir Labuan Bajo, un village de pêcheurs où nous sommes les seuls touristes à nous être aventuré dans un marché de poissons à l’odeur particulièrement intenable. Nous sommes ensuite partis à la recherche d’une excursion en bateau et avons trouvé notre bonheur avec Jojo Organisation. Pour 1,8 million par personne (115€), nous avons réservé une traversée de quatre jours et trois nuits, avec excursion, nourritures et boissons incluses. Que les softs, donc je me suis fait une petite réserve de Bintang, la bière locale, avant de partir.

Jour 4-5-6-7 - Rinca (Florès), Kalong Island, Komodo Island, Red Beach, Satonda, Moyo, Gili Bola, Lombok Harbour (Lombok), Kuta (Lombok)


Le rendez-vous au bateau est donné à 8h30. Nous sommes au total 21 alors que nous étions censé être un maximum de 16. Il y a également cinq membres d’équipage, soit un total de 26 personnes sur un bateau pas franchement rassurant. Si vous avez suivi l’actualité en cet été 2014, vous avez peut-être vu qu’il y a eu un naufrage en Indonésie. C’était le même que le nôtre, une dizaine de jours après notre excursion.



Nous rencontrons nos nouveaux colocataires, des Hollandais, Allemands, Français et un Costaricain. Durant quatre jours, on a passé énormément de temps sur le bateau, dormant sur un étage situé au-dessus du pont, à seize sous cette bâche ! Il n’y avait pas de place pour tout le monde, donc il y en a cinq qui ont dû dormir sur le pont. C’était roots, mais bien cool, on a pu voir une multitude de paysages, comme ici ou là avec notre guide, des couchers de soleil, se baigner dans un volcan, faire une belle sortie snorkeling sur Red Beach (mais on est arrivé la nuit, c’est con, car de jour, ça donne ça, jouer à la belote avec une famille lyonnaise rencontrée sur le bateau, ne pas voir de manta-raies à Manta point (malheureusement !) ou encore mettre de l’eau non salé sur notre corps non lavé depuis trois jours sous cette cascade !

À noter qu’on a été étonné de voir notre guide et certains de nos compagnons d’aventures utiliser des produits pour se laver dans cette source d’eau qui n’a plus rien d’immaculée. Si les personnes nous ayant accompagné n’ont aucune excuse, il est plus difficile de blâmer notre guide. S’ils sont désormais au courant de ce qu’est la pollution et de ses risques, les Indonésiens n’ont pour la plupart aucun bien, ne jouissent d’aucune avancée technologique et dorment sur un vieux matelas à même le sol. Alors, franchement, trier le verre du plastique ou ne pas mettre de savon dans une rivière, je comprends qu’ils en aient rien à foutre. Comme nous l’avait très justement dit une personne croisée au gré d’un de nos voyages en Afrique du sud, c’est facile d’être une personne bien quand on a de l’argent.



Une des excursions les plus marquantes fut la visite des parcs de Komodo, où se trouvent les fameux dragons, les plus grands reptiles du monde. C’est toujours pareil avec ces sorties. On a trouvé la première naze parce qu’on a marché deux heures sans avoir la chance de croiser de varans, puis le deuxième absolument génial car on est tombé nez à nez avec un dragon. Il faut avoir du bol ! Ces animaux sont pré-historiques, celui tombé sous notre nez avait environ 40 ans, pesait 90 kilos et pouvait tout de même faire une pointe à 20 km/h !

À notre arrivée sur Lombok après quatre jours de traversée - dont une de 17 heures au cœur de l’océan sur notre rafiot en pleine nuit ! -, nous traversons l’île d’est en ouest jusqu’à Mataram, où on conclue une transaction pour une nouvelle excursion. Notre envie ? Escalader le volcan Rinjani (3726 mètres). Nous n’avons jamais fait de randonnée et ne sommes pas de grands sportifs mais bon, comme d’hab, on s’est dit : « et pourquoi pas ? ». Notre deal comprend tous les transports avant et après l’ascension, une nuit d’hôtel au pied du volcan ainsi que trois jours et deux nuits au sein du volcan avec guide et nourriture pour 1,6 million de rupiah (105€).

Avant cela, et après quatre jours à bouffer du riz, des têtes de poisson et à dormir sur un matelas épais de trois centimètres, on s’accorde une nuit dans le sud de Lombok, à Kuta, une ville homonyme à celle de Bali, mais ô combien plus charmante. Pour la rejoindre, on prend un bus où se trouve un Allemand qui revient justement du mont Rinjani. « Quelqu’un compte faire l’ascension ? » demande-t-il. Euh, oui, nous, pourquoi ? « Vous êtes sûrs que vous voulez le faire ? Je vous préviens, c’est dur. Très dur. J’ai dormi durant vingt heures à notre retour et je n’ai pas pu marcher pendant trois jours… » Je regarde le mec, il est plutôt fit, ça ne me rassure pas du tout. Dans quoi on s’est embarqué encore ? Arrivé à l’hôtel, on se renseigne sur Internet et on apprend que des personnes sont décédées durant l’ascension, les chemins n’étant pas balisés, particulièrement étroits et sinueux… Bon.

Après quatre jours sans douche, on s’est pris une chambre à 400k rupiah (25€), elle n’avait rien d’exceptionnel mais le fait de retrouver la climatisation et une douche, ce fut un pur bonheur. UNE DOUCHE ! Quelle belle invention. Quel paradis. L’après-midi, on a loué un scooter pour aller visiter les plages entourant Kuta. Il avait 80 000 bornes, un seul rétro et une direction bien hasardeuse. Mais qu’est-ce qu’on s’est régalé ! On nous a dit que le sud de Lombok correspondait au Bali d’il y a dix ans. On comprend facilement l’engouement qu’il y a pu avoir. Les paysages sont paradisiaques et les plages immenses sans être envahies par les touristes. Cet après-midi, c’était tout de même blindé, mais de locaux, car ils célébraient le fait que le Ramadan soit terminé depuis une semaine. Toutes les occasions sont bonnes hein.

Nous sommes allés jusqu’à Mawun Beach via une route de montagne, une des plus belles balades faites durant notre séjour, et nous étions les seuls touristes sur cette plage de rêve ! Du coup, forcément, on a été pris d’assaut par les vendeurs locaux, Gaëlle a fini par acheter un sarong et nous avons craqué auprès de cette petite fille pour lui prendre deux bracelets, lui donnant 20 000 rupiah (1,3€). Ses petits copains sont alors arrivés en nous disant qu’on avait « payé trop cher », et que du coup, on devait leur acheter à tous des bracelets ! Ils nous ont suivi pendant une bonne dizaine de minutes, et ils sont forts pour vous mettre la larme à l’œil, ces petits bouts, mais on n’a pas craqué, de peur de voir tout le village de commerçants nous tomber dessus pour nous vendre des dents de requin ou du riz pré-mâché.

Jour 8 - Kuta (Lombok), Ann Beach (Lombok), Senaru (Lombok)


On enfourche le scooter dès 9 heures du matin, bien décidés à aller profiter de ces magnifiques plages. On n’est pas déçu. La fête est terminée et nous avons pour seuls compagnons quatre pêcheurs. Un régal. La plage est superbe, les paysages aussi, et on a juste à prendre notre scooter pour passer de plage en plage, poser notre serviette et kiffer.



Mais trêve de paradis, il est temps de rejoindre le mont Rinjani ! On partage un bémo avec deux Canadiens pour revenir à Mataram et on utilise une nouvelle vie lorsque notre pilote s’est cru dans Mario Kart. Sur une route comptant deux voies étroites, il a jugé utile de forcer notre destin en passant entre deux voitures pour les doubler ! Il y avait un centimètre à gauche, un centimètre à droite, pas plus, le moindre écart était interdit, ça klaxonnait dans tous les sens, la mère d’un des gosses assise à l’arrière d’une camionnette serrait fort son petit bonhomme contre sa poitrine, il y avait en plus de la fumée au milieu de la route, c’était vraiment apocalyptique, mais on est passé. Un taxi bien plus calme nous a conduit ensuite de Mataram à Senaru, ville-départ de l’ascension, et nous avons traversé différents paysages, longeant la côte avant d’avoir une vue sur les rizières, puis d’être au milieu d’une jungle, où on a croisé un mec qui partageait l’arrière d’une remorque avec... un cheval.



La chambre qu’on nous refile à Senaru est particulièrement miteuse, un espèce d’arrosoir à eau froide fait office de douche, et il faut faire des squats pour pouvoir lâcher nos excréments dans un chiotte à la turque, qui occupe la première place dans mon classement des pires inventions du monde. J’en ai d’ailleurs longtemps voulu à la population ottomane avant d’apprendre que ce ne sont pas eux qui ont inventé les chiottes à la turque. Ce serait les Grecs, ou les Bulgares, on ne sait pas trop. Des gens qui ont de bonnes cuisses et pas trop d’estime pour leurs mollets en tout cas.

On part dans ce petit village à la recherche d’un sac à dos, car les deux nôtres sont un brin petits pour l’ascension. Il faut en effet porter ses vêtements (et il fait très froid là-haut !), de la flotte, des boules-quiès (ce qui ne prend pas le plus de place, je vous l’accorde) et une lampe torche. Le problème à Senaru, c’est qu’il n’y a que quelques commerçants, et ils se contentent de vendre des cigarettes et des bombes anti-moustiques. Le premier mec à qui on demande nous dit qu’il vient d’en acheter un pour que son gamin aille à l’école. Mais bon, le business, c’est le business, et il m’a proposé de me revendre le sac pour 100k. C’était un brin cher car le sac était vraiment pourri, le genre de trucs que même la caravane du Tour de France n’ose pas te jeter. Je lui en propose 40k, il regarde une photo de son fils, me dit d’aller faire un tour pour en trouver un autre en ville et que, si je ne trouve pas ailleurs, il me fera un bon prix.

Le deuxième mec à qui on demande enfourche immédiatement son scooter et revient avec un sac de randonnée génial, qui pourrait facilement se vendre autour de 40 euros chez nous. Il nous propose de le louer pour 50k les trois jours. On se regarde avec Gaëlle et on sait qu’on pense déjà à la même chose, ce sac est trop bien pour qu’on se contente de le louer ! Gaëlle leur propose alors 200k rupiah (12€) pour l’acheter. Le mec regarde un jeune, posté sur un scooter à une dizaine de mètres. Le sac est en fait le sien, il va à l’école avec ! « 250k », demande-t-il. « 200 ! », on répète. Tout le monde se marre et ils finissent par nous lâcher le sac à notre prix. J’espère juste que le jeune garçon n’a pas arrêté sa scolarité à cause de nous. Sinon, plaignez-vous auprès de Gaëlle, c'était son idée.

Le soir a lieu le briefing du trek par Ahmed, patron de l’organisation Ahmed Expeditions par laquelle on est passé et que l’on vous recommande. Il nous confirme nos peurs : « cela va être dur, vous allez en chier, c’est un vrai challenge, mais si vous réussissez, vous pourrez être fiers de vous. » Nous allons partir à 18, et on fait rapidement la connaissance de deux Français : Quentin, artisan dans une boulangerie à Melbourne, et Thomas, expert dans le nord-est de la France. Eux aussi sont un brin flippés, ce qui nous rassure un peu. Le rendez-vous est fixé à 7h30 le lendemain, il est temps d’aller récupérer !

Jour 9 - Ascension du mont Rinjani (day1)



Après nous être enfilé un pancake à la banane (grand classique en Indonésie) et avoir fait la rencontre d’Alam, notre guide, qui a 57 ans et fait ce métier depuis 30 ans, on débute l’ascension. L’objectif est de marcher 9,1 kilomètres et de passer de 601 mètres à 2641 mètres d’altitude. Point positif : s’il fait encore très chaud, nous sommes protégés car cette première partie de l’ascension se fait dans la jungle, et nous sommes donc sous les arbres. Si cette première journée demande une bonne condition physique, elle ne présente pas de difficultés particulières. Cela monte assez régulièrement et ceux qui en chient le plus, ce sont les porteurs.

Car il faut bien monter les tentes, la bouffe et tout le bordel. Résultat : des porteurs s’en chargent. Et je crois vraiment qu’il s’agit du pire métier du monde. Ces jeunes - ils doivent avoir entre 15 et 30 ans - se mettent sur le dos un énorme bâton de bambou sur lequel est fixé à chaque extrémité un panier en osier qu’ils remplissent d’ustensiles pour construire les camps le soir, ou encore de nourriture. Poids total pour chaque porteur : 30 à 40 kilos qu’ils doivent se trimbaler à travers la montagne en grimpant durant neuf heures ! Autre difficulté : une tradition à la con (à moins que ce soit une question de coût mais j’en doute) fait qu’ils n’ont pas le droit d’avoir des chaussures, c’est un luxe réservé aux guides. Résultat, ils sont tous en tongs pour grimper, et ils ne doivent pas gagner plus de 120 euros par mois…



Après une journée de marche, nous sommes arrivés à notre camp exténués. Et frigorifiés puisqu’il ne devait pas faire plus de 3 ou 4 degrés à cette altitude. On s’est alors relayé pour maintenir un feu en vie. Les porteurs sont arrivés une heure plus tard car l’un d’entre eux avait cassé son bambou (ça peut arriver au meilleur d’entre nous). On a alors profité de la vue, ayant réellement l’impression d’être dans un avion tant on surplombait les nuages, et on s’est dit que les deux jours à venir allaient être particulièrement durs. À peine le repas englouti (pour varier, on s’est tapé les mêmes plats que sur le bateau, à coup de riz épicé, d’œufs frits, de pastèque et d’un bout de poulet quand on était sage), on s’est endormi dans la tente. Vous voulez voir la stratégie de Gaëlle pour résister au froid ? Trop mignonne, hein ! On ne va pas dormir beaucoup cette nuit là - enfin, surtout elle - car un vent énorme est venu taper contre notre tente, faisant un vrai vacarme.

Jour 10 - Ascension du mont Rinjani (day2)

C’est déjà entamés physiquement que nous nous sommes réveillés à 6 heures du mat’ afin de voir le lever de soleil sur le mont qu’on devait escalader le lendemain. Il avait l’air quand même loin, ce mont. Et on se demandait vraiment comment faire pour traverser tout ça en si peu de temps. Pour le lever, c’était un peu râpé à cause des nuages, et on s’est donc rapidement mis en route (non sans avoir englouti notre pancake à la banane, je vous rassure) vers la descente la plus dangereuse du trek, celle où on avait lu qu’il y avait des glissades et des morts. Au final, c’était périlleux, certes, puisqu’on passe de caillou en caillou durant deux heures avec peu de sécurité et le vide sur les côtés, mais il faut être inconscient et faire le fou pour tomber.

Si on est redescendu, c’est pour profiter de la caldeira, où se trouve le cône actif du volcan, le Barujari, entré pour la dernière fois en éruption en novembre 2010. La vue est superbe et, après un jour et demi de marche, cela fait du bien de se poser. Certains ont même opté pour une baignade dans le lac de cratère, où la température n’excédait pas les 14 degrés. On a ensuite fait vingt minutes de marche supplémentaires pour atteindre les hot springs, où l’eau était à… 40 degrés ! Il est difficile d’y entrer, mais qu’est-ce que ça fait du bien aux muscles quand on y est.

Après le repas (je vous laisse deviner le menu), nous avons attaqué l’ascension nous permettant de remonter à 2539 mètres. Elle a duré trois heures durant lesquelles les organismes ont souffert car wow, c’était raide ! Et particulièrement dangereux car, sous le brouillard qui nous entourait se trouvait le vide sur plusieurs dizaines de mètres. Les paysages étaient apocalyptiques et c’était un régal, la peur liée à la dangerosité se mélangeant à la beauté des paysages et à la satisfaction de relever le défi.

Arrivé au camp, on voit le sommet qu’il nous reste à gravir le lendemain. 1100 mètres d’ascension qui ne nous paraissent pas insurmontables vue d’ici après deux jours de lutte mais les guides nous préviennent, c’est là qu’aura lieu l’énorme challenge. Ça va être dur, très dur. Les porteurs ne nous suivront d’ailleurs pas, ils n’en ont pas besoin puisqu’on se contente de monter et de redescendre dans la foulée. Ces garçons sont une vraie source d'inspiration. Malgré leur situation précaire, ils ont tout le temps le sourire. Un exemple ? Au cœur du lac, un guide tente de passer d’un rocher à un autre et glisse, se retrouvant la chaussure le pied dans l’eau. Vous imaginez un peu à quel point ça nous énerverait ? Avoir sa chaussure trempée pour le reste de la journée, devoir se taper la montée avec le pied fripé en ayant l’impression de marcher dans la boue à chaque pas ? Surtout pas ! Eux ont tout simplement ri. Longtemps ri. Des petites scènes qui permettent de pas mal relativiser une fois rentré à la maison.



Après avoir profité d’un coucher de soleil aux couleurs envoûtantes, on s’est rapidement couché et endormi - cette fois épargné par le vent, car le réveil le lendemain s’annonçait rude…

Jour 11 - Ascension du mont Rinjani (day3)

C’est l’accomplissement physique le plus compliqué qu’il nous ait été donné de faire durant ce voyage. Durant l’été. Durant l’année. OK, durant toute notre vie. Vraiment. À 2h30 du mat’, le réveil a sonné. Il faisait noir, on a avalé trois biscuits, enfilé deux pantalons, trois tee-shirts, un pull, une veste et mis des chaussettes sur les mains pour lutter contre le froid, on s’est équipé de notre lampe frontale puis on a attaqué l’ascension finale. Ayant débuté le trek à 18, nous n’étions plus que 6 pour cette dernière montée, certains ayant opté pour un parcours raccourci, d’autres ayant abandonné. À trois heures du matin, le guide a pris les devants, escaladant entre rochers, arbres et caillasses. Une première partie sans difficultés particulières, même si la fatigue accumulée se ressent dans les jambes. Après une heure passée sous les arbres, nous sommes arrivés au pied de ce qui sera l’ultime montée vers le sommet. Le guide nous a alors regardé et dit qu'il ne pouvait aller plus loin car il se sentait mal !

Gaëlle a hésité à lui demander si on avait déjà fait la moitié, voire plus, mais a finalement renoncé. Bien lui en a pris. Alors qu’elle était déjà exténuée, apprendre que nous n’étions qu’à moins d’un tiers et que la partie la plus compliquée était devant nous lui aurait brisé le moral, et je ne suis pas sûr qu’elle aurait terminé cette ascension. Il faut dire qu’elle est habituée à passer ses journées dans le canap’ et à ne pas fournir grand effort physique. Quand on voit que des randonneurs confirmés en ont chié, on peut aisément s’imaginer quelles difficultés elle a rencontré. Après une heure, ses jambes ont commencé à flageoler. Elle a à plusieurs reprises tituber de gauche à droite, alors que le sentier faisait moins de deux mètres de large et était entouré de précipices. Bien sûr, il faisait noir, donc nous ne pouvions voir ce qui nous entourait, mais on le devinait aisément.

Après une nouvelle heure de marche, nous sommes arrivés au pied du sommet, où se trouvait une ultime ligne droite en montée, avec un pourcentage si raide qu’il fallait pratiquement poser les mains au sol pour avancer. De plus, lors de chaque pas, vous n’avancez que de quelques centimètres car, pris dans le gravier, vos pieds glissent. Les locaux l’appellent « le chemin des cris et des larmes »… Les secondes sont devenues des minutes, les minutes des heures, chaque pas demandait autant de force qu’un kilomètre de course, et Gaëlle se dressait toujours devant moi, sentant son palpitant sortir de sa gorge, manquant de tomber à plusieurs reprises, marquant de nombreuses pauses pour s’hydrater et manger un bout, les mains pleines de terre, le visage marqué par l’effort et recouvert de poussière.

Je restais en permanence un pas derrière, les mains prêtes à la réceptionner en cas de chute, l’encourageant, ne sachant pas si cela lui faisait du bien ou si elle avait envie de m’insulter. À vrai dire, je ne sais même pas si elle m’entendait. Elle était sur une autre planète. Son cerveau ne dictait plus rien, ses jambes savaient qu’elles devaient continuer d’avancer même si elle ne pouvait plus. Elle s’est interdit la défaite et, à 6h30, quinze minutes après le lever du soleil, elle a réussi à atteindre ce sommet de 3726 mètres. Ce n’est pas pour rien que c’est une championne, elle a vraiment un mental de malade et, elle ne l’a pas vu, mais elle m’a fait verser une petite larme de fierté une fois arrivé au sommet.



Nous profitons du spectacle qui nous est offert. Le soleil se lève sur la montagne, nous prenons quelques photos mais ne nous attardons pas, le vent est glacial et la température inférieure à zéro degré, nos doigts sont gelés malgré les chaussettes que nous avons utilisées en guise de gants. Le sentiment du devoir accompli derrière elle, Gaëlle a rapidement repris ses esprits, et on s’est lancé dans la descente. C’était hyper fun ! Ça rappelle étrangement les sensations du ski, nos pieds glissant et s’enfonçant dans le gravier. Cela nous a aussi permis de voir quel chemin on avait emprunté dans le noir, et cela nous a mis des petits coups de pression en voyant le précipice sur les côtés… Les paysages étaient dingues, notamment cet arc-en-ciel venu se caler dans les nuages surplombant la caldeira !

Nous arrivons vers 8h30 au camp et sommes récompensés de nos efforts par... un pancake à la banane. Pas le temps de se reposer, alors qu’on vient de grimper de 2500 mètres à 3700, puis de redescendre le même dénivelé, il faut désormais marcher pour redescendre jusqu'à 1150 mètres ! Ce qui a été une partie de plaisir pour tout le monde fut un véritable calvaire pour moi. La faute à une cheville faiblarde qui n'a pas vraiment supporté les à-coups de la descente. C’est vers 15 heures que nous sommes arrivés dans le petit village de Sembalung Lawan en compagnie des Français Quentin et Thomas, et des Hollandais Sanne, Naomi et Michèle, avec qui nous avons essentiellement partagé cette aventure.

Il était pratiquement impossible pour tout le monde de bouger une once de cuisse ou de plier ses jambes. Gaëlle m’a alors demandé : « si tu avais su ce que c’était, tu l’aurais fait ? » Je lui ai répondu : « Sûrement que non. Du coup, je suis content de ne pas l’avoir su pour l’avoir fait. » Du coup, si toi, cher lecteur de ce blog, tu le fais en connaissance de cause, je te tire mon chapeau. On a salué une dernière fois nos porteurs, leur donnant 100k rupiah de pourboire à chacun. C’est énorme pour eux et rien pour nous alors, pourquoi s’en priver ? Ils se sont timidement saisi de l’argent et on nous a ramené au village de Senaru. Nous étions à l’arrière d’un camion et on a vu un scooter s’encastrer dans un chien, à moins que ce ne soit l’inverse. Comme un message saluant notre retour à la civilisation.

Une voiture nous a déposé à Bangsal d’où nous avons pris un bateau public pour les îles Gili, réputées paradisiaques. Cela faisait trois jours qu’on avait pas pris de douche, mon visage ressemblait à ça, nos vêtements étaient maculés de poussières et on s’est retrouvé sur Gili Air, ce petit coin de paradis. Avec nos sacs sur le dos et alors que nous n’avions plus de jambes, cela nous a pris trente minutes pour trouver une chambre. Elle valait 650k (40€), c’était un magnifique bungalow posé près de la plage avec une salle de bain ouverte sur l’extérieur. Le kif ! On est resté près de trente minutes sous la douche à enlever toute notre crasse et on a refilé tous nos vêtements à une locale afin qu’elle nous les lave pour ne plus renifler cette saloperie d’odeur de terre du Rinjani. Le soir, on s’est fait un petit resto directement sur la plage. Hum, boire un cocktail, quel paradis ! Et ne pas manger de riz, ça aussi c’est paradis. Calamars, bruschettas, pizzas, donnez-nous tout sauf du riz ! On s’est effondré vers 21h, sans avoir la moindre idée du nombre d’heures qu’il nous faudrait pour récupérer.

Jour 12 - Gili Air (Lombok)


Il existe trois « îles Gili », un petit abus de langage car gili veut dire « île » en sasak, la langue majoritairement parlée à Lombok. Gili Meno est pratiquement vierge, Gili Trawangan est réputée pour les fêtards et Gili Air est à mi-chemin entre les deux. Notre choix s’est logiquement porté sur cette dernière, on aime passer nos journées tranquillement en amoureux puis boire un coup le soir. Malheureusement, ce qui devait être une journée idyllique placée sous le signe de la décompression s’est transformée en une journée de merde. Littéralement. Une bonne turista des familles m’a cloué au lit - enfin, les fois où j’étais pas sur les chiottes - et j’avais heureusement ma petite infirmière pour être à mes bons soins et me commander un bol de riz (…) et du coca pendant qu’elle s’enfilait des énormes patates. Elle est tout de même allée une fois dans l’eau et a eu la chance de nager durant un bon moment avec une tortue.

Jour 13 - Gili Air (Lombok)

Mon système immunitaire fait le taff et on peut profiter de la journée. Ce qu’on veut, c’est voir des poissons ! On file directement sur la zone de snorkeling la plus réputée, mais nous sommes déçus : les coraux sont abimés et on voit quelques poissons, mais rien d’extra-ordinaire. On change alors de plan en décidant de faire le tour de l’île à pied, soit environ 4 kilomètres. Ce qui est génial sur ces îles, c’est qu’elles sont piétonnes. Aucune voiture n’est autorisée à y circuler.



Seul un tiers de Gili Air est développé, avec des bungalows et des bars donnant sur la plage. Le reste est désert comme Gili Meno. Les paysages magnifiques se succèdent, on tient vraiment notre petit coin de paradis ! Après trente minutes de marche, on loue un vélo pour poursuivre notre balade. Si vous faites de même, on vous conseille de louer ceux avec les grosses roues, car les nôtres galéraient particulièrement dans le sable. Devant de nombreux bars, on a halluciné de voir des panneaux « we have fucking fresh mushrooms! » dans un pays où le simple fait de détenir de la drogue peut vous conduire à la peine de mort…

Arrivé tout au nord de la zone de snorkeling, on a posé les vélos et on a enfin kiffé. Les coraux sont superbes car il y a moins de touristes qui les piétinent (il n’y a pas de secret…) et on a pu voir trois tortues, dont deux avec lesquelles nous sommes restés nager plus de dix minutes. Gili Air, c’est donc du chill et des décors incroyables sur lesquels vous êtes bien contents de vous reposer, essentiellement au lendemain de l’ascension du Rinjani…

Jour 14 - Gili Air (Lombok), Nusa Lembongan (Bali)


On se lève à 7h30 pour faire une dernière session snorkeling où, dans une eau particulièrement agitée, on nage de nouveau avec une tortue pendant près de quinze minutes. Nous en avons vu sur chacune de nos sorties ! Nous retournons ensuite au port de Gili Air où nous avons réservé un fast boat pour rejoindre Nusa Lembongan, une petite île au large de Bali où le snorkeling est réputé. On a payé un million pour deux tickets (65€) mais le trajet n’est pas direct : il nous faut passer par Padang Bay sur Bali avant de rejoindre notre île. Sur place, on discute avec deux Allemands qui ont le problème inverse : ils passent par Nusa Lembongan avant d’aller à Padang Bay, leur destination finale. C’est parfait, on leur demande d’échanger.

Si cela ne pose pas de problème à la compagnie qu’ils ont pris, la nôtre ne tolère pas ces pratiques. On a donc clandestinement échangé, et j’ai dû enfiler une casquette et retourner mon tee-shirt pour que notre compagnie ne me reconnaisse pas et ne me voit pas monter dans le « mauvais » bateau. Les autres passagers regardaient d’un œil suspicieux mon comportement de clandestin, mais c’est passé. L’océan était très agité ce jour-là, le fast boat n’a pas été une partie de plaisir (quoi que !), on s’éclatait contre les vagues et, un moment, le bateau s’est carrément retrouvé couché sur le côté avant de reprendre sa trajectoire en surfant sur une vague. Un brin flippant. Autant vous dire que les sacs à dos qui étaient au-dessus du bateau ont pris cher. L’ensemble de nos vêtements s’est retrouvé trempé pour la suite du périple…

Nusa Lembongan a un charme différent de Gili Air : c’est montagneux, il y a de petites vallées et des baies. C’est très beau, et calme. On se fait déposer à Mushroom Bay mais l’ensemble des home stay sont « full ». On part alors se promener nos sacs sur le dos et, après un virage, on arrive au bord d’une falaise.

Wow.



Ce qu’on voit est incroyable. D’énormes vagues viennent s’éclater contre les rochers, catapultant de l’eau à plusieurs dizaines de mètres. On reste bouche bée à admirer ce spectacle, qui se regarde, mais s’écoute aussi, le bruit des vagues s’éclatant étant révélateur d’une incroyable puissance. Une unique maison est posée sur le haut de la falaise. Derrière les grandes baies vitrées, j’imagine aisément un écrivain vivre ici. Ou bien un scénariste. Voir un scénariste mettant en scène un écrivain. Après cet énorme bol d’air, on revient sur Mushroom Bay et on trouve une chambre où dormir au Tanis, un hôtel propre et charmant, où un Allemand dans la chambre voisine a tout de même décidé de vomir entre 21h17 et 1h39 du mat’ sans interruption.

Jour 15 - Nusa Lembongan (Bali)

On file de l’hôtel à 8h du mat’ pour une session snorkeling. Contre 350k (23€), un pêcheur nous prend sur son bateau comme seuls passagers pour nous emmener faire le tour complet de l’île ! Le premier arrêt nous amène sur le plus beau plateau coralien qu’il nous ait été donné de voir. On a fait les Maldives l’an dernier, Gaëlle a déjà fait l’Australie, et jamais nous n’avions vu ça. Il y en avait à profusion ! Petite déception pour nous : le soleil avait ce matin-là caché le bout de son nez et nous n’avons pas pu profiter de l’ensemble des couleurs.

Au deuxième arrêt proposé par le pêcheur, on est assez vite remonté à bord car je me suis fait piquer par une vilaine méduse. S’il y en a de nombreuses petites dans l’océan qui nous ont piqué tout au long du séjour sans que cela soit insupportable, celle-là m’a fait pousser un cri sous l’eau et m’a laissé une belle plaque sur la jambe. Le troisième arrêt était absolument génial. C’était une petite crique où le pêcheur nous a donné du pain pour les poissons. Bon, on a lu plus tard que ce n’était pas forcément terrible de leur filer du pain car ça change leurs habitudes alimentaires mais sur le coup, on n’a pas pu résister et c’était incroyable, nous étions entouré par plus de cinquante poissons qui venaient directement picorer dans notre main ! Un instant magique et une expérience vraiment inoubliable, nous étions dans un aquarium. L’après-midi, on s’est autorisé notre premier instant chill-piscine-cocktail-backgammon. Le kif !

Jour 16 - Nusa Lembongan (Bali), Tanah Lot (Bali), Ubud (Bali)


Au matin de cette seizième journée, nous avons décidé de réserver sur Booking.com les endroits où nous allions dormir les dix prochains jours. Des maisons d’hôtes, des chambres au pied de volcan (ouais, on va en grimper un autre !) et aussi un petit hôtel paradisiaque afin de rêver un peu. Alors qu’on se replonge dans les photos de notre début de séjour, Gaëlle me dit que je mélange en permanence tous les noms de ville auprès des chauffeurs de taxi. Quand elle me demande de retracer notre itinéraire jusqu’alors, Jimbaran est devenu Jamborun, Nusa Dua le Duda Miso et Uluwatu le Puy-du-Fou. Comme disait ce bon Thierry Roland, y’a rien de plus qui ressemble à un nom de village indonésien qu’un autre nom de village indonésien. Hein ? Il disait pas ça ?

Nous quittons la charmante île de Nusa Lembongan pour rejoindre l’île principale de Bali, le trajet nous coûte 150k/personne, ce qui n’est pas très cher pour un fast boat. Après trente minutes de traversée, nous arrivons à Sanur et un mec nous aborde directement sur la plage : « Transport ? Transport ? » Hein, oui, qu’est-ce que c’est ? On lui explique qu’on veut aller à Tanah Lot puis ensuite rejoindre Ubud. Ça fait une trotte et on se met d’accord pour un prix de 500k (30€). Bon, là, on s’est vraiment fait enfler, je pense qu’on aurait pas dû payer plus de 300k mais le mec nous a quand même trimbalé durant plus de cinq heures.

On met 1h15 pour passer de Sanur à Tanah Lot. Sur Internet, le temple ressemble à ça. C’est beau, y’a des vagues, du soleil, on va kiffer. Mais en fait, quand on est arrivé, Tanah Lot, c’était ça. Non, vraiment, n’y allez pas. C’est l’horreur. Y’a des mecs qui se font baptiser, ou hindouiser, appelez-ça comme vous voulez, en se faisant jeter des grains de riz dans la tronche contre un billet de 5k. On est resté dix minutes, on a pris notre photo comme tout le monde, et on est vite parti en direction d’Ubud où on a prévu de rester trois jours. Après deux nouvelles heures de route, on est arrivé au Three Dewi’s chez Madé, chez qui on va dormir trois nuits.

Jour 17 - Ubud (Bali)

Notre hôte est au petit soin, nous préparant un petit déjeuner sur notre balcon. On ouvre alors les volets et on n’est pas déçu par la vue. Arrivés de nuit, nous n’avions pas encore eu la chance de voir que nous sommes entourés de rizières ! Si vous restez à Ubud, essayer d’aller sur Jl. Bisma, une rue éloignée de l’agitation de l’artère centrale où des ruelles vous amènent directement sur les rizières. Madé nous raconte qu’il est père de trois filles, étudiantes et danseuses. Cela nous donne envie d’aller voir un spectacle de danse balinaise et, le soir, après avoir profité de la journée pour visiter le water palace et faire une longue balade au cœur des rizières, nous nous rendons au spectacle, qui a lieu au Ubud Palace et est au prix d’entrée de 80k.



Le show commence par vingt minutes de carillon. Pour les fans de How I met your mother, on se croyait vraiment au spectacle de Barney. Puis, d’un coup, les danseuses sont arrivées. Si vous n’avez pas le petit fascicule pour vous expliquer le déroulement du spectacle, vous n’allez rien comprendre. En gros, c’est l’histoire d’un mec qui cherche l’amour et fricote avec une belle princesse, sauf que comme la reine et le roi ne le veulent pas, ce ne sera pas toi. 1-2-3. À peu près. Les danseuses se mettent en transe dans les dix premières minutes, parvenant à danser les yeux fermés tout en se déplaçant. Impressionnant. La danse balinaise consiste essentiellement à bouger les yeux et les mains. Alors que le corps et la tête restent immobile, les yeux passent de droite à gauche, puis de gauche à droite à une allure frénétique. Essayez à la maison, vous allez voir que ça fait particulièrement mal au crâne. Quant à leurs doigts, ils parviennent à les plier d’une façon inexplicable. Donc je ne vais pas tenter de vous l’expliquer.

Jour 18 - Ubud (Bali), Tegalalang (Bali)

Après avoir profité du petit dej’ préparé par Madé, on file vers la rivière Ayung où on a prévu de faire du rafting. On rencontre quatre Français : Fanny, Victoire, Tanguy et Étienne avec qui on partage un canoë. Ils ont payé 250k (16€) pour l’excursion et nous 350k (23€). On est toujours aussi nazes en négociations ! La descente en rafting dure deux heures et est vraiment fun. Il y a pas mal de rapides, les paysages sont superbes et on a également eu droit à une bonne douche sous une cascade !



De retour à Ubud vers 14 heures, on loue un scooter pour 35k et on prend la direction de Tegalalang, où se trouvent les fameuses rizières en terrasses. On n’est pas déçu ! Après avoir subi un petit racket à l’entrée (une « donation obligatoire » où on a laissé 1k à une sorcière), on peut se balader à travers les terrasses. C’est impressionnant de voir les Indonésiens travailler à même la boue. Après une promenade oxygénante, on décide d’aller se faire notre premier massage du séjour. Pour 80k (5€), on a droit à un massage d’une heure. Si Gaëlle a eu droit à des doigts de fée pour s’occuper d’elle, c’est une camionneuse qui m’est passé dessus. J’avais mal avant, j’ai eu mal pendant et après ! Gaëlle était elle au paradis. Deux soirs durant, on a mangé au Café des Artistes, sur Jl. Bisma. En ayant ras-le-bol de la cuisine indonésienne, on était bien content de retrouver des saveurs occidentales.

Jour 19 - Ubud (Bali) - Amed (Bali)


Nous avons vu qu’un bus part d’Ubud vers Amed à 7h du mat’. Pour 140k (9,5€) par personne, on grimpe à bord pour quatre heures de voyage à travers l’île. Après une heure de route, le chauffeur s’est arrêté pour faire le plein d’essence. Après deux heures, il s’est une nouvelle fois arrêté puis s’est retourné vers nous en disant : « I’m hungry! » Il est alors descendu du bus et s’est engouffré dans un restaurant où il a commandé un repas qu’il a mangé sur place, nous laissant durant une vingtaine de minutes poireauter dans le bus ! Arrivés à Amed, on donne à ce même chauffeur l’adresse de notre hôtel et il refuse de nous y déposer, nous demandant 100k de plus alors que c’est seulement à trois bornes ! On refuse et heureusement, deux locaux acceptent de nous y déposer en scooter pour 40k. Nous restons au warung Ary and stay, à 450k (30€) la nuit.

On a une belle vue sur l’océan mais on ne s’attarde pas, louant un scooter pour rejoindre Tulamben. Le principal attrait de cette ville est l’épave du Liberty, un bateau américain qui s’est pris une torpille par les Japonais en 1942. Une éruption volcanique l’a ensuite rapproché des côtes en 1963. Du coup, même si ce sont essentiellement des plongeurs qui vont le disséquer, le spot est également génial en snorkeling ! Il suffit de repérer les zones turquoises depuis la plage et de s’y pointer, il s’agit des parties les plus hautes de l’épave où se sont fixés des coraux et où les poissons adorent zoner. Superbe.


On a ensuite fait trente minutes de route vers les terres, traversant des paysages émerveillants grâce au soleil, afin de rejoindre Tirta Gangga, un water palace où on a pu jouer à Super Mario. Si vous cherchez un restaurant sur Amed, on vous conseille le Cafe Harmony, où on a dégusté un excellent Mahi-Mahi, un poisson local, cuisiné sur le grill. Un délice.

Jour 20 - Amed (Bali)


Journée plage ! Avec notre scooter, on en profite pour faire un tour des meilleurs spots de snorkeling entourant Amed. On débute par la Japanese wreck, une autre épave située à quelques mètres du bord. C’est de nouveau sympa mais il y a moins de poissons qu’à Tulamben. On enchaîne ensuite avec Selong, où il y a de beaux coraux mais trop de méduses, puis, après un repas où on a en a pris plein la vue, on poursuit sur Liya (?), où on est seul au monde et on se régale malgré l’océan agité, puis on termine la journée sur Lipah, the place to be à en juger par l’affluence, où le snorkeling est effectivement excellent et le sable noir brillant.

Jour 21 - Amed (Bali), Lovina (Bali)


Pour une fois, nous sommes contents du prix qu’on a négocié, à savoir 350k (23€) pour passer d’Amed à Lovina, mais on va comprendre notre douleur une fois dans le taxi. Après vingt minutes de route, je confie à Gaëlle que je me sens mal. Elle aussi. Comme un mal de mer. Elle porte alors son attention sur Niouman (ouais, comme Paul), notre pilote, et me dit : « mais merde, il ne sait pas conduire ! » La raison ? Notre chauffeur passe son temps à accélérer, puis décélérer ! Oui, oui, pour avancer, il appuie un grand coup sur la pédale puis laisse la voiture filer, avant de... blurp... remettre un grand coup sur la pédale. Autre fait amusant pendant le trajet : un arbre planté au milieu de la route. Plutôt que de contourner cet obstacle au moment de construire la route, les Indonésiens se sont contenté de mettre des pointillés autour de l’arbre, réduisant l’espace de la route de moitié !


Nous arrivons l’estomac retourné à Lovina, où on compte passer une nuit afin d’aller voir des dauphins le lendemain matin. Du coup, on s’est pris un hôtel sympa, le Sawah Lovina à 690k la nuit (45€). C’est plus cher que tout ce qu’on a fait jusqu’alors (sans être si cher hein) et on n’est pas déçu ! Nous sommes les deux seuls clients pendant une bonne partie de l’après-midi et on profite de ce petit coin de paradis avec vue sur rizières. Le soir, direction le port où on assiste au coucher du soleil avant d’être assailli par des vendeurs de bibelots. C’est la première fois qu’on les trouve vraiment relous. Nous optons pour un dîner local au JB’s, c’était délicieux et cela nous a coûté 80k (5€). Plus que conseillé !

Jour 22 - Lovina (Bali), Pemuteran (Bali)




Réveil à 5h30. « Captain », comme il se fait appeler, sonne à notre porte. Il nous fait embarquer sur son bateau vers 6 heures en compagnie de deux autres touristes chinoises, qui ont rapidement enfilé les deux uniques gilets de sauvetage du bateau. Pour une fois, on n’est pas les pigeons ! Les chinoises ont payé 400k à deux alors qu’on a payé 120k par personne. Certes, l’excursion est une véritable usine à touristes, car tous les bateaux foncent comme un seul homme sur les dauphins dès qu’ils pointent leur nez, mais l’expérience reste sympa grâce au très beau lever du soleil, et à la pléthore de dauphins, qu’on a pu voir sauter à plusieurs reprises. On a ensuite fait une heure de snorkeling.


Dès notre retour, nous avons pris un taxi pour Pemuteran (pour 200k). C’était seulement à une heure de route, le chauffeur était bon, mais il était aussi tout sauf sympa. Il nous a demandé si on voulait faire du snorkeling là-bas, on lui a dit oui, il nous a dit qu’il avait un pote qui pouvait nous faire un tarif à 30€ contre les 35€ généralement proposés par les hôtels, on lui a répondu qu’on allait se renseigner sur place et, dès lors, il ne nous a plus adressé la parole ! Lorsqu’on lui a donné l’adresse de notre hôtel, il a également dit qu’il ne connaissait pas et qu’il nous laisserait au centre-ville ! Heureusement, Gaëlle a aperçu notre hôtel sur le bord de la route et on a pu lui faire arrêter la voiture. Nous sommes restés au Taruna Homestay, le plus cher qu’on ait pris, puisque la nuit était à 800k (50€). C’était moins paradisiaque qu’à Lovina, mais on a eu un bel accueil, on a pu profiter de la piscine et de la salle de bain où l’eau sortait d’une femme tenant une jarre. Pas une vraie hein, vous imaginez un peu le métier de merde ? "Tu fais quoi dans la vie ?" "Ben, je suis videuse de jarre." "Comme Jean-Michel ?"

Malgré l’appel de la sieste, on s’est motivé l’après-midi pour aller faire une session snorkeling et ce fut une bonne surprise ! Pemuteran a créé un reef protégé appelé Bio rock. Sur des structures métalliques, ils ont mis de petits bouts de coraux afin qu’ils poussent à nouveau, à raison de un centimètre par an (c’est vous dire le dégât provoqué par ceux qui marchent dessus…). On avait comme à Nusa Lembongan vraiment l’impression d’être dans un aquarium.

Jour 23 - Pemuteran (Bali), Menjangan (Bali), Banyuwangi (Java)


On se réveille de nouveau à 7h30 afin de partir pour une session snorkeling à Menjangan, réputé comme le plus bel endroit de Bali pour cette pratique. L’île est protégée et aucune construction n’y est autorisée, ce qui fait que les coraux sont protégés. On est passé par Dive Concept, une société tenue par des Français installés sur place. On a payé 700k (soit 24€ par personne… désolé cher chauffeur de la veille !) pour la journée et l’organisation était excellente. On est néanmoins déçu par le premier spot, qui ne change pas des masses par rapport à ce qu’on  vu la veille sur Bio rock. On y voit tout de même un poisson crocodile.


Après avoir mangé dans un cadre idyllique, où Gaëlle, seule au monde, a pu faire de la balançoire, nous avons enfin vu LE plus beau spot de snorkeling de Bali. Quelle claque ! Des coraux incroyables, des poissons dans tous les sens, que ce soit des Nemos, des aiguilles, des raies (on les a ratées !), des mérous… Le tout dans une eau à plus de 30 degrés de moyenne ! Il s’agissait de notre dernière baignade du séjour (et oui…) et c’était assurément notre meilleure session. Quel kif.

Au retour, le bateau nous dépose à Labuhan Balang, d’où nous voulons rejoindre Gilimanuk. Problème : il n’y a pas un seul taxi et on se retrouve seul à attendre trente minutes au bord de la route ! Au bout d’un moment, on voit un bémo (les camionnettes-bus locaux) et on agite les bras. Il s’arrête, on grimpe à bord et on est heureux de trouver les deux dernières places au fond du bus. Pour une fois, nous sommes les seuls touristes ! Ce qu’on pensait être les deux dernières places ne les étaient en fait pas, puisque des gens ont continué de grimper jusqu’à ce qu’on soit 17 pour 12 places assises ! Après trente minutes de trajet, on a payé 25k (1,7€ par personne).

À Gilimanuk, on a pris le ferry public pour quitter Bali et rejoindre l’île de Java. Ce qui nous a coûté 6k (40 centimes) par personne pour 45 minutes de traversée ! Pour nous accueillir sur le bateau, ils n’ont rien trouvé de mieux que de mettre la musique du Titanic en version acoustique indonésienne… Les mecs ont quand même bon goût. Une fois sur Java, on a pris un hôtel à Banyuwangi. Après cette énorme journée, on a décidé de se coucher vers 20 heures car notre plan était de grimper le Mont Ijen le lendemain. On a réservé un chauffeur pour 1 heure du matin car il faut être très tôt au sommet du volcan. La nuit s’annonçait courte. Gaëlle s’est paisiblement endormie pendant que je jetais un œil à la télévision indonésienne, l’occasion de voir RRRrrrr !!! en version locale (oui, oui !) et un résumé des matchs du Paris Saint-Germain de ce dernier mois. Je vous dis qu’ils ont bon goût. Je m’endors vers 20h30. Quatre précieuses heures de sommeil m’attendent…

Jour 24 - Banyuwangi (Java), Kawah Ijen (Java), Yogyakarta (Java)

Ou plutôt fin du jour 23. Car il est 23h57 quand Gaëlle entend quelqu’un tambouriner à notre porte. Je n’esquisse pas le moindre mouvement mais elle parvient à s’extirper du lit et n’en revient pas, c’est notre chauffeur ! Je m’approche.

« Hello? »
« Hello. »
« You said 1am for the pick up, right? »
« Yes. »
« Do you know it’s midnight?! »
« Yes. Are you weady?? »

L’hallu ! Le mec a une heure d’avance à une heure du mat’ ! C’est la première fois de ma vie que je me lève la veille.

Nous prenons la direction du Kawah Ijen. Ce volcan, dont le nom signifie « cratère vert », contient une solfatare. Derrière le nom savant, quelque chose de simple : c’est de là qu’on extrait du minerai de soufre. Le volcan abrite également un lac qui est reconnu comme le lac le plus acide du monde. Si vous mettez votre main dedans, elle fondra ! Le lac est blindé d’acide sulfurique et, pour les chimistes qui me liront, a un pH de 0,2.


Quand je vous disais qu’être porteur au Rinjani était le pire métier du monde, c’était faux. On a trouvé le vrai pire métier du monde : porteur de soufre au Mont Ijen. Avec le même système de bambous auxquels ils accrochent des paniers en osier, ils transportent 80 kilos de soufre sur leur dos à travers le volcan et gagnent entre 50k et 70k rupiah par jour… En plus de se ruiner le dos, ils se crament les poumons à cause des émanations de soufre du volcan ! Des vrais « soufre-douleurs »…


De notre côté, on a prévu un masque pour nous protéger mais, après une heure de montée, on a commencé à se prendre les premières odeurs. Quelle horreur ! On a l'impression que les émanations viennent directement dire coucou à nos poumons. Ayant débuté la montée à 1h30 du matin, nous sommes les premiers arrivés au sommet à 3 heures. Nous n’avons pas pris de guide après avoir lu sur Internet qu’il n’y avait qu’un chemin et qu’il n’était pas possible de se planter.

C’est là qu’on voit un panneau « ne pas descendre - danger de mort », et également des flammes bleues qui surgissent du sol en contrebas. C’est exceptionnel ! On ne résiste évidemment pas à l’appel de la descente malgré le panneau (après avoir lu sur Internet qu’il était courant de descendre) et on décide d’y aller, malgré un énorme nuage de fumée se dessinant devant nous, la pente abrupte composée de cailloux et les émanations de soufre de plus en plus violente. Le problème, c’est qu’étant les premiers et n’ayant pas de guide, on s’est planté de chemin. Fort heureusement, alors qu’on était en train de prendre un chemin tendu où on a dû faire quelques sauts, des guides et des porteurs ont vu nos lampes-torche dans cet endroit où il ne fallait pas être et ont hurlé : « WRONG WAY! » On a fait demi-tour, récupéré le bon chemin et, après 25 minutes de descente, on était en bas, à quelques mètres du lac le plus acide du monde.


Quelle vision… Les porteurs étaient là, battant la solfatare pour gagner leur vie, se prenant les émanations en plein nez. D’en bas, il n’était plus possible de voir les flammes bleues à cause des cheminées desquelles s’échappaient d’immenses colonnes de fumée. L’air était difficilement respirable malgré les masques, et nous ne sommes pas restés plus de cinq minutes au cœur de ce paysage apocalyptique. Malgré ces conditions, nous avons eu une sensation d’asphyxie et les yeux qui piquent à une seule reprise, et seulement pendant quelques mètres, c’était donc bien moins pire que tout ce qu’on avait lu.

Une fois remontés, on a pu voir le jour doucement se lever, l’occasion de voir des porteurs effectuer leur travail. Malgré leur terrible condition, ils sont tous d’une gentillesse incroyable. La plupart fabriquent des souvenirs comme des petites tortues à base de soufre et on en a acheté pratiquement à tous à coup de 10k rupiah (60 centimes). Quand on les voit, on a vraiment envie de tous leur donner de l’argent tant leur vie est difficile. Quelle horreur ainsi d’entendre d’autres touristes dire : « on a réussi à en avoir un gratuit et on en a trouvé un autre par terre ! » en regardant leurs souvenirs. Vous avez claqué mille balles de billet d’avion pour venir jusqu’ici et vous ne pouvez pas lâcher quelques centimes à des porteurs à qui ça change la vie et qui, de plus, ont fabriqué ce souvenir pour vous ?! Vraiment choquant. Parmi les porteurs, on a fait la connaissance de Bouti, qui nous a dit avoir accompagné Nicolas Hulot dans le cratère. Parlant quelques mots de français, il semblait être l'icône local !


Vers 5h15, le soleil se lève enfin. Quel spectacle ! Le lac est turquoise et épais, la roche est teintée du jaune du soufre, les flammes bleues sont encore visibles, le gris des colonnes de cheminée s’envolent, le rosé du soleil s’élève, le vert des arbres jonchent le lac du volcan, lui même entouré par le bleu profond de l’océan. Superbe ! Vers 5h40, on décide de descendre. On avait prévu des petits gâteaux à distribuer à tous les porteurs qu’on croisait. C’était le moment le plus humain de notre voyage.

Je n’ai jamais vu autant de sincérité dans les sourires qu’on a provoqués. On se prenait pour le père-Noël ! Ils ont vraiment apprécié notre geste, et on a vraiment apprécié de déclencher ces sourires, parfois des rires après quelques mots échangés, dans leur quotidien bien compliqué. C’était un des plus beaux moments du voyage. On a mis une heure pour redescendre et notre chauffeur était toujours là, il a fait une sieste dans sa voiture en nous attendant. On a payé 700k en tout (500k pour le chauffeur et 100k l’accès au mont par personne) alors que certains Français ont payé 1,7 million pour avoir un guide !


Pas le temps de se reposer : on a pris un avion de Banyuwangi (l’aéroport est une maison !) à Subaraya, puis de Subaraya à Yogyakarta, où on comptait passer la dernière journée de notre voyage. Sur place, on a dormi à Omah Sastro. Centang, la propriétaire, parlait un Anglais impeccable et nous a très bien accueilli. Quand on lui a raconté notre voyage et cette dernière journée débutée à 23h57 la veille, elle nous a fait livrer un Mc Donald’s dans la chambre. Paradis !

On s’est enfilé ça devant la télé, où on est tombé sur un programme indonésien mélangeant La roue de la fortune et À prendre ou à laisser. Les candidates (c’était uniquement des filles) doivent lancer une roue et obtiennent un prix, qui va de 1 million de rupiah (63€) à une voiture. Si la case sur laquelle elles tombent leur plait, elles la gardent. Si ça ne leur plaît pas, elles peuvent relancer la roue mais la case sur laquelle elles sont tombées devient « BANKRUT », et retomber dessus vous fait repartir les mains vides. À tout moment, le banquier peut également appeler pour proposer une offre à la candidate, généralement un brin supérieur à la case sur laquelle elle vient de tomber.

Celle-ci a gagné un million, a refusé, trois millions, a refusé, sept millions (près de trois salaires moyens !), et a refusé pour tenter de gagner la voiture. Du coup, elle s’est retrouvée avec des cases « BANKRUT » (qui se cassaient la gueule une fois sur deux car c’était des pauvres autocollants qui tenaient à moitié sur la roue) un peu partout et a fini par tomber dessus assez logiquement devant nos yeux ébahis. Ils n’ont pas de tunes mais c’était des sacrés gamblers, les Indonésiens. Après cette soirée de folie, on s’est endormi avant d’attaquer la dernière journée du trip.

Jour 25 - Yogyakarta (Java), Borobudur (Java), Prambanan (Java), Jakarta (Java)


Au petit déjeuner, Centang nous a préparé du mooncake, un gâteau chinois. Elle nous explique qu’au quinzième jour du huitième mois de l’année (le 15 août quoi), les Chinois se réunissent en famille pour manger ce gâteau. Chaque membre prend une part et ils doivent regarder la lune au moment de croquer dedans pour marquer l’unité de la famille. C’était bon mais ultra-bourratif ! C’est fait avec des cacahuètes et des œufs de canard, vous en mangez un et vous avez des réserves pour six jours.

Un chauffeur rencontré la veille vient nous récupérer pour 9 heures du matin. Il va passer la journée en notre compagnie contre un billet de 500k (30€). Alors qu’on leur laissait régulièrement nos valises dans la voiture pendant nos visites, tous nos chauffeurs ont été très réglos. En Indonésie, a deal is a deal et, s’ils sont durs en négociations, ils n’escroquent jamais une fois que l’affaire est entérinée.


On commence nos visites par le temple de Borobudur, une construction bouddhiste qui date de 800 n’ayant été découverte qu’en 1814 cachée sous une forêt malgré sa structure imposante composée de deux millions de tonnes de bétons réparties sur 118 mètres sur 118 ! Le temple est un lieu de pèlerinage qui raconte la vie de Buddha à travers des galeries. On voit que le mec était en fait durant sa jeunesse un mec qui, hum, aimait la chair. On s’est ensuite enfilé un bon repas où je me suis farci un canard avant que Gaëlle ne boive une noix de coco.

Puis on s’est dirigé vers le volcan Merapi, entré en éruption en 2010. En jeep, on est passé entre les dégâts provoqués par la lave il y a quatre ans, voyant dans un musée que, si la chair des animaux avait été dévastée, les fringues en revanche résistent, n’étant que légèrement brûlés. Nous avons également visité un bunker où deux personnes s’étaient planquées pendant l’éruption. Manque de bol, la lave est entrée et les a brûlée à petit (gros) feu. On imagine leur calvaire en visitant les lieux et, dans la ‘’salle de bain’’, notre guide nous dit que l’eau est encore chaude quatre ans plus tard… Nous terminons cette journée-marathon par PramBanan, le temple des Dieux bouddhistes, d’où on peut admirer un beau coucher de soleil et nourrir Bambi et ses petits copains.


On a ensuite pris un dernier avion pour Jakarta d’où on a décollé pour Amsterdam à 00h20. On s’est rendu compte que c’est la première fois de notre séjour qu’on restait éveillé après 23 heures. Le road trip en Indonésie, c’est plus que validé.


samedi 30 avril 2011

Slowmotion

« CRAC ». C'était le 14 mars dernier. C'est drôle comme une simple seconde peut vous faire basculer toute une année. Il est 21H03'42''. Nous sommes à Choisy avec mon équipe du Winamax Football Club. Je viens d'inscrire un doublé et m'apprête à disputer mon dernier ballon du match. Il s'agit d'une passe mal ajustée sur le flanc droit. Le ballon sort en touche et je poursuis ma course à la recherche de la balle. Dans ma tête trotte certainement déjà les quelques excellentes heures à venir pour fêter la victoire. Ou bien peut-être cette soirée que je compte organiser pour mon anniversaire dans trois jours. Mais trop tard : il est 21H03'43''. « CRAC ! »
Sans réellement comprendre comment, je m'effondre et sens une immense douleur envahir mon pied gauche. Dans ma chute, je peux apercevoir le défenseur qui était à ma poursuite se prendre la tête à deux mains en observant ma blessure, tout en rameutant les deux équipes en criant : « Ne regarde surtout pas ton pied ! » La douleur est insoutenable, mais étrangement – et à mon grand regret, je ne m'évanouis pas. Vingt-cinq minutes plus tard, les pompiers sont enfin sur place et me transportent à l'hôpital le plus proche. Ce n'est qu'une heure après l'incident qu'on m'injectera de la morphine. J'accepte alors enfin de prendre connaissance des faits : alors que je suis sur le ventre, mon pied est orienté vers le haut, retourné à 180 degrés ! Le diagnostic est sans appel : double fracture luxation de la malléole.
Le comble du couvreur ? Un problème de cheville...
« Mordez là-dedans » m'ordonne un chirurgien. Il se saisit alors de ma cheville et, sans même me prévenir, la remet droit d'un coup sec, me forçant à lâcher le cri le plus intense qu'il m'ait été donné de pousser. La douleur est indescriptible et la morphine coulera à flot deux jours durant. Je peux enfin sortir de l'hôpital.
Tout sera néanmoins à refaire trois semaines plus tard. Lors d'une radio de contrôle, j'apprends que ma cheville a de nouveau bougé. Ce qui entraîne une seconde opération et un retour à la case départ de ma convalescence. C'était le 4 avril dernier. A compter de cette date, les médecins m'ont confié que je n'avais pas le droit de poser le pied par terre durant trois mois. Je suis donc contraint de passer mes journées allongé. Par la suite, je vais suivre une longue rééducation. J'espère pouvoir remarcher en septembre même si, une fois le plâtre enlevé, il sera déjà plus simple pour moi de me déplacer. Pour le sport, il ne faut pas rêver : je ne reverrai pas les terrains avant 2012.

J'ai été très sincèrement touché par vos messages de soutien, ceux de mes amis comme ceux de nombreuses personnes que je n'ai pas encore eu la chance de rencontrer, via les réseaux sociaux ou les forums, et je vous en remercie encore grandement. 
Nombreux sont ceux qui m'ont dit que j'allais pouvoir me remettre à plein temps au poker. Mais il n'en est rien. J'ai pas mal joué durant les SCOOP, avec pas mal de réussite, mais je ne trouve pas quotidiennement la force de « grinder ». J'arrive effectivement rarement à garder ma concentration plus d'une heure et préfère donc éviter de « spew ». Je suis de plus bien entouré et ne compte pas bassiner mes proches avec le poker. Et comme m'a confié celle qui m'aide au quotidien : « Je suis contente de te revoir apprécier des moments simples de la vie. » 
 
J'ai donc fait une croix sur le circuit pour les mois à venir, ce qui veut dire que je ne me rendrai pas à Las Vegas pour la grande messe annuelle. J'essaierai néanmoins de vivre l’événement à distance en assistant du mieux que je peux Benjo dans son travail. Par ces quelques lignes, je souhaitais donc vous dire que la convalescence suit son cours, que le moral est au beau fixe et, surtout, vous remercier une nouvelle fois pour tous vos messages ! A très bientôt.

mercredi 5 janvier 2011

En heads-up contre Morphée

Texte écrit lundi 3 janvier

« Je passe encore une nuit blanche, une heure sur le dos, deux sur la tranche. J'essaye un rêve puis le rature, passe par toutes les températures. » Casque branché sur les oreilles, je suis plus que jamais plongé dans le titre de Renan Luce. Nuit blanche. Il est minuit et je rentre tout juste de Londres, où j'ai passé les festivités du nouvel an avec ma meilleure amie. Comme depuis trois jours, impossible de fermer l'oeil : j'ai respectivement dormi quatre heures, une heure et demi puis une centaine de minutes lors des trois dernières nuits.

Voilà deux heures que j'essaie toutes les positions pour trouver le sommeil, mais rien n'y fait. Ma meilleure amie vient se coucher à son tour, et ses yeux se ferment en tout juste cinq minutes. Elle est déjà partie rejoindre Morphée, me laissant ainsi seul à lutter. Côté gauche, sur le ventre, côté droit, sur le dos, erf, toujours pas. Oh et puis merde, j'en ai marre de faire la toupie. Place à la résignation. Allongé, j'ouvre grand les yeux et commence à contempler la pièce, cherchant le moindre détail intéressant. Le volet est entrouvert et quelques ombres de voitures se distinguent sur les murs. J'essaie de deviner les modèles, mais la lassitude me gagne après le seul passage de trois camionettes en dix minutes.

Je pourrais sortir le PC, mais ce serait pas vraiment fair-play pour elle, qui doit déjà rêver de lendemains. Mon ordinateur a une facheuse tendance à imiter les avions quand il démarre, et j'ai plutôt le pas lourd sur le coup des deux heures du mat'. Putain, deux heures. C'est le moment de se saisir d'un objet à distance des bras, et d'y trouver un truc à faire. Mater les 2,158 photos de mon téléphone. Pourquoi pas. Ca m'a fait marrer de (re)voir (2008) Morei se transformer en Big Momo, mes photos de fan boy en croisant Daniel Negreanu à Barcelone, Germain133 et Riverben durant ce même EPT, Antoine et Bastoche se faire dévaster par une vague, Elena faire la con à côté de mon cadavre, Bastoche se faire piéger aux chiottes, (2009) mon réveil avec 3 grammes au milieu d'une piste de ski, Kinshu et son amour pour les poissons, Cécé dormir comme un bébé, une soirée Lyonnaise avec Elena, Juljulos se préparer à défier Claude François, Xav_13 passer la serpillère, des moutons nous encercler à Toulon, une escapade en bateau imprévue avec Xav_13 et Titoine, le portefeuille du balla Guillaumezur après une soirée, notre épopée avec Xav_13 et Riverben à Budapest, ma salle de multitabling à Paris, Yuestud se transformer en Brigitte Bardot, un baseball de Kangoo et Jaybee à Carrefour, Tall, Yuestud et Régis se perdre à Venise, Benjo y faire fuire les oiseaux, un bar décoré de soutiens-gorge, Morei et Rémi sortir de prison, un banc de billet de 20 euros, quelques verres de vin pris à la plage avec Morei, des shooters flambés, une féria se terminer sans blessures, quelques vengeances bien placées, William Thorson ridiculiser Elky dans un drinking contest à Barcelone, Davidi nous raser à Londres, un après-midi au Nikki Beach de Marrakech avec Xav_13, Emilie finir en string dans la piscine du Es Saadi, un passage éclair dans une fac pour voir Elena, un après-midi au sommet de la Tour Eiffel, Roro, Brubru, Pshico et Antonia faire du patinage à Amsterdam, la vue de ma chambre à Vilamoura, Jooles se faire draguer par une MILF, Tallix mal se remettre d'une soirée à Toulouse, Brubru montrer sa fashion touch à Prague, Jason faire du break-dance à Londres, Janot battre le staff Winamax au kart, mon petit neveu profiter de ses toutes premières nuits, (2010) FrenchKiss commander un Malibu à Berlin, la folle ambiance de Stamford Bridge, mon recrutement à San Remo, FrenchKiss devenir jockey à Vincennes, Gasquet/Murray à Roland Garros, les fontaines du Bellagio, la piscine de notre villa à Vegas, Jooles devenir gros, un après-midi bateau sur le lac Mead, une séance de tirs à Vegas, la vue sur le Bellagio et le Paris un lendemain de cuite, Frenchietouch, Clem2511 et Pshico sortir du Rhino en Limo, le concert privé de Ja-Rule, Steve Aoki mettre le feu au Surrender, le showcase de Snoop Dogg au Palms, mon score de 198 au Bowling, Benjo à l'assaut du Grand Canyon, notre ballade en cheval à Monument Valley, le lever de soleil de Bryce Canyon, une gogo débarquer à Ancone, une virée en Jeep avec Xav_13, Lady_Cécé et Picolove à travers les montagnes dromoises, la folie du Prosper à Toulon, un karting bourré avec Roroflush, Bastoche, Xav_13 et Titoine, un trampoline dans un état similaire avec les mêmes, Joachim Garraud mettre le feu à la Villa Bivona, le coffre de la voiture avant une soirée à Cannes, un jogging avec Guillaume et Tristan à Dublin, Steven profiter du soleil de Marrakech, Stéphane débattre au Kitch, un week-end à Vienne avec Elena, Tallix raser Locsta, Brubru, Steph Matheu et d'autres degens dans les bas fonds de Vienne, le Parc des Princes pendant le Clasico, une semaine de tennis à Paris-Bercy, Kinshu tomber le mini-bar de l'avion, les liasses de billets gagnés avec Roroflush à Marrakech, Steven dresser un serpent, un run en quad dans le désert marocain, une soirée à Prague avec Roroflush, mon neveu grandir auprès de ma mère, Morei frapper un Titoine un peu trop éméché à Lyon et la soirée à l'0² Brixton Academy pour le nouvel an.

Après avoir vu tout ça, forcément, on se sent un peu plus léger. J'ai fermé mon téléphone et l'ai posé à mes côtés. J'avais un sourire niais affiché sur mon visage. J'étais content, tout simplement. J'ai essayé un nouveau rêve, et, cette fois, n'ai pas eu à y apposer la moindre rature.